Office de Chavouoth par Patrick Lazarus

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Afin de permettre à ceux qui le souhaitent d’apprendre ou de réviser l’office de Chavouoth, Patrick Lazarus a enregistré certaines parties spécifiques de celui-ci.

Il vous suffit de cliquer sur les liens pour entendre chaque partie (en prononciation achkenaze).

 

1. Mi h’omoh’o 

2. Kiddush

3. Hokel, Shah’arit et Hallel 

4. Oz Shesh Méoss 

5. Akdomous ; vous trouverez également ici le texte et traduction de Akdomous

Explication du poème Akdomous :

Dans les Communautés Séfarades, il est de coutume de réciter le poême “Azharot”  (”Avertissements”), composé par Rabbi Shlomo ben Gabirol, lors de la fête de Shavouot. Ce sont des pièces liturgiques, didactiques, récitées dès la période des Gueonim. Rabbi Shlomo ibn Gabirol, rabbin andalou, poète, théologien et philosophe (Malaga1021-Valence 1058), a développé ces poèmes en vers et rimes, listant les 613 Commandements divins. Il est de coutume de lire ces Azharot soit durant l’office de Mussaf, soit avant l’office de Minh’a de Shavouot. Hors de la Terre d’Israël, les Azharot sont divisées en deux parties; la première (qui correspond aux commandements positifs) est lue le premier jour, la deuxième (commandements négatifs) lue le lendemain.

Dans les Communautés Ashkenazes, le premier jour de Shavouot, on a l’habitude de réciter, avant la lecture de la Tora, un poème appelé “Akdamout” (”introduction”). Ce texte, écrit en araméen, fut composé par Rabbi Méir, fils de Yitzh’ak, qui vivait à Worms il y a 900 ans; il était H’azan (chantre), et la tradition nous enseigne que c’était un des maîtres de Rashi.

Dans ce poème, l’auteur loue D., le Créateur du Monde, et le glorifie d’avoir choisi Israël pour le servir et pour proclamer Son Royaume sur terre; il décrit également l’abnégation dont a fait preuve Israël envers D., malgré les efforts constants de ses ennemis qui ont toujours empêché le Peuple Juif de suivre la Tora et de rester fidèle à D.

Voici la légende que l’on raconte concernant l’origine de ce poème: “Rabbi Méir était un grand poète de langue hébraïque, et bien connu pour sa belle voix, et pour l’art avec lequel il lisait et chantait l’office. Il écrivait des poèmes et des prières inspirées, dans lesquels il épanchait son cœur en s’adressant à D. Il servait ainsi son Créateur par ses chants et ses vers, et cette poésie, dit-on, émerveillait les hommes et était aussi adoptée au Ciel. Toute sa vie, Rabbi Méir écrivit des poèmes traitant des chagrins de son Peuple, et de ses souffrances infinies. Il priait afin que la délivrance survînt, et que le Mashiah’ arrivât. Les gens disaient que Rabbi Méir comptait parmi ceux qui portaient le deuil de la perte de Sion avec sincérité, et que son âme poétique était le violon sur lequel il jouait à la mémoire de Sion et dans l’espoir de sa reconstruction. Aucun autre que lui, à cette époque, n’adressait à l’Eternel de si douces louanges. Même les anges aux cieux avaient l’habitude d’écouter ses chansons et ses prières, et celles-ci leur plaisaient tant, qu’ils se rendaient auprès du Trône de D. pour les lui chanter. Mais D. les pria d’arrêter leurs chants et dit: « Que tous les anges et tous les êtres humains se taisent jusqu’à ce que j’aie prêté l’oreille aux chants de louanges de Mes enfants d’Israël, et notamment à ceux de Rabbi Méir ben Yitzh’ak ! » Cependant, les anges ravissaient souvent, des lèvres de Rabbi Méir, ses belles paroles et les chantaient devant D., comme eux seuls peuvent le faire. L’ange Sodiel, qui connaît tous les secrets, se rendit alors auprès de Rabbi Méir pour l’avertir. Il l’informa que lui, le Rabbin, n’était pas le seul à adresser ces mélodies prodigieuses à D., mais que les anges essayaient de le surpasser, car ils apprenaient ses chansons, et les chantaient au Tout-Puissant. Rabbi Méir se mit à chercher un remède et le trouva: il savait que les anges ne connaissent pas l’araméen, langue dans laquelle le Talmud et le Zohar sont écrits, de sorte qu’il se mit à composer des poèmes et des chants en araméen. C’est ainsi que l’un d’eux devint le chant préféré du Peuple Juif: AKDAMOUT.

Ce poème est écrit en vers magnifiques, et chacun d’eux commence par une lettre du Aleph-Beth (chacun en double), pour ses 44 premiers vers. Les suivants comprennent, en acrostiche, les lettres initiales de son nom et du nom de son père: MEIR ben RABBI YITZH’AK, ainsi que les mots: Yigdal baTora oubeMaassim Tovim Amen veh”azak veématz, ce qui signifie: Qu’il soit élevé dans l’esprit de la Tora, et en faisant de bonnes actions - Amen, Sois fort et courageux. 

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(c) 2020 - Patrick Lazarus pour la Communauté Israélite de Metz